Au cœur de La Havane, derrière les façades fatiguées d’un palais du XIXe siècle, une autre histoire se raconte. Autrefois demeure de prestige, le Palacio de la Mortera est devenu un lieu de vie, habité, partagé, transformé au fil du temps et des nécessités.
Les murs portent les traces de cette lente métamorphose. Les décors s’effacent, les matières se délitent, la grandeur passée se mêle aux signes d’une existence quotidienne. Dans ces espaces marqués par le temps, la vie continue. Les habitants s’approprient les lieux, inventent leurs habitudes, composent avec l’usure et font de ces vestiges un espace profondément vivant.
La série Palacio de la Mortera explore cette rencontre entre architecture et existence, entre mémoire et présent. Elle observe la façon dont les êtres habitent les ruines d’un monde ancien, comment ils investissent ses volumes, ses ouvertures et ses failles, jusqu’à brouiller les frontières entre le monumental et l’intime.
Loin de n’être que le décor d’un passé révolu, le palais devient le témoin silencieux d’une réalité contemporaine. Sa dégradation raconte autant la fragilité des choses que la capacité humaine à s’adapter, à préserver une forme de dignité et à faire perdurer la vie au milieu de ce qui disparaît.
À travers ces images, La Havane se révèle dans une intimité singulière, loin des représentations habituelles de la ville. Le palais apparaît comme un monde en soi, où les traces du passé coexistent avec les gestes du présent, et où l’architecture, malgré ses blessures, demeure habitée par ceux qui lui donnent encore un avenir.
Cette série a été sélectionnée et présentée lors de la 3ème édition du festival Présence(s) Photographie de Montélimar.